TEXTELDans le cadre du salon Textile Expo à Oran, plusieurs conférences ont été organisées le 3 et 4 avril  avec le concours de conférenciers internationaux pour mieux faire connaître le secteur Textile-Habillement.

Dans ce cadre, Jean-François Limantour* a animé une conférence sur le thème « réflexions stratégiques pour redynamiser le secteur Textile-Habillement-Cuir d’Algérie » et Catherine Abonnenc* a animé une conférence sur le thème « Start-up et Innovation dans le secteur Textile-Habillement ».  Jean-François Limantour a qualifié l’industrie textile-habillement algérienne de « secteur stratégique porteur d’avenir » et d’activité économique clé pour les équilibres socio-économiques de l’Algérie ».   Selon lui, le secteur dispose de puissants atouts pour figurer dans le peloton de tête des grands acteurs économiques sectoriels au niveau international. Il a évoqué les coûts de production, d’énergie et de transport compétitifs, un important réservoir de jeunes ingénieurs, techniciens et de diplômés d’écoles de commerce, un solide marché intérieur de 41 millions de consommateurs, la proximité des grands marchés européens d’exportation.    Jean-François Limantour a préconisé le lancement d’un plan stratégique national à cinq ans articulé autour de deux grands objectifs : la reconquête du marché intérieur national par les producteurs nationaux. Le marché textile-habillement est actuellement envahi à 95 % par les importations   Et le développement significatif des exportations, tout particulièrement vers les marchés européens.   Ce plan stratégique devrait permettre de multiplier par cinq les effectifs du secteur, pour passer de 50.000 actuellement à 250.000 en 2022 , de fournir 80 % de la demande intérieure algérienne en produits nationaux, d’atteindre 2 milliards d’euros d’exportation textile-habillement à l’horizon 2022  Selon J.F Limantour, le plan stratégique devrait être composé d’un important volet « formation » permettant de créer une nouvelle génération de cadres et techniciens dans les domaines de la création, du marketing et du management.  « Le dispositif de formation devrait aussi anticiper l’évolution des besoins en compétences liées à l’évolution prochaine du secteur vers une économie digitale 4.0, faite d’entreprises et de marchés  hyper-connectés », a-t-il indiqué.   Le plan devrait aussi être axé sur l’intelligence économique, l’attraction des investissements directs étrangers (IDE), la promotion et la communication ainsi que sur le développement d’un partenariat gagnant-gagnant avec l’Union européenne, y compris dans le domaine de la R&D pour ancrer l’Algérie sur l’économie du futur : fibres et tissus intelligents, vêtements connectés,…  «La  mise en œuvre et la réussite d’un tel plan ambitieux mais réaliste suppose la mobilisation générale et consensuelle des professionnels, des organisations de salariés et des pouvoirs publics, dans une volonté commune de progrès économique et social » a souligné Jean-François Limantour qui, de son côté, a affirmé être disposé à apporter son soutien à un tel projet d’avenir. Une première rencontre partenariale euro-algérienne pourrait être prochainement organisée, a-t-il ajouté.   Catherine Abonnenc a de son côté insisté sur le potentiel d’innovation important au sein de l’industrie Textile- Habillement algérienne. Plusieurs facteurs favorables à l’innovation sont en effet à ses yeux réunis en Algérie. Elle cite les importantes ressources disponibles, la volonté gouvernementale d’encourager la création d’entreprise, le marché porteur avec forte demande  -population jeune et bien formée, grandes entreprises bien structurées, les entrepreneurs dynamiques et performants.  Pour pouvoir exprimer ce potentiel dans le secteur Textile-Habillement et en faire un secteur pilote du « renouveau industriel » algérien, Catherine Abonnenc a dégagé quelques lignes d’action qui pourraient être mises en œuvre.   Elle a proposé de développer une politique d’accompagnement renforcée pour les jeunes entreprises du secteur au sein des pépinières portées par le Ministère de l’Industrie et des Mines, de faciliter les moyens de paiement, en particulier sur le web, pour permettre un développement plus rapide du e-commerce, canal de plus en plus important pour les achats de Textile-Habillement.   Selon elle, il est important d’organiser le recueil et le partage d’expériences entre les acteurs de la filière et ceux d’ autres secteurs industriels et d’accélérer le développement d’un écosystème d’innovation basé sur la coopération entre acteurs privés et publics qui viendrait compléter les actions de l’Agence Nationale de Développement de l’Investissement et permettrait aux citoyens algériens de devenir parties prenantes de l’innovation dans leur pays, au travers notamment de plateformes de « crowd funding » et de réseaux de personnes privées « Business Angels ».   La spécialiste suggère aussi de promouvoir la culture d’innovation dans les programmes d’enseignement.   « Au travers de l’organisation de ce premier salon Textyle-Expo, action innovante de qualité qui a  mobilisé pouvoirs publics, professionnels et consommateurs, la filière Textile-Habillement démontre qu’elle peut jouer un rôle pilote dans ce domaine de l’innovation » a souligné Catherine Abonnenc en conclusion. 

A.M.