La ministre de l'Education nationale, Nouria  Benghabrit, a indiqué lundi à Alger, que la préoccupation "majeure" de son  département est d'assurer les conditions "optimales" pour une  généralisation "réussie" de l'enseignement de Tamazight au niveau national,  à compter de la prochaine rentrée scolaire (2018-2019).

 

"La réponse n'est pas tant le caractère facultatif ou obligatoire de  Tamazight, puisque la question est tranchée par la Constitution. Ce qui  doit nous préoccuper, ce sont les conditions optimales qu'il faut pour  assurer une généralisation réussie de Tamazight", a affirmé Mme Benghabrit  dans un entretien accordé au journal Liberté. La ministre a expliqué que plusieurs "logiques pédagogiques" seront mises  en place progressivement, à savoir la consolidation de la didactique de  Tamazight pour les natifs amazighophones conformément à l'article 4 de la  Constitution, et la mise en place d'une didactique de tamazight pour les  non-natifs amazighophones dans toutes ses variétés. En ce sens, elle a mis en exergue "l'importance" de la future Académie  algérienne de la langue amazighe, soulignant que son département "en sa  qualité de secteur utilisateur de cette langue, à l'instar des autres  secteurs, compte beaucoup sur cette institution. Mme Benghabrit a relevé que la future Académie aura, en ce qui concerne le  secteur de l'Education, à "traiter les questions relevant de la  normalisation linguistique des différentes variétés en usage sur le  territoire national, la constitution d'un dictionnaire de référence ainsi  que les types de graphie". Dans ce sillage, elle a rappelé que "l'objectif" de son département c'est  de généraliser l'enseignement de Tamazight à l'ensemble des 48 wilayas du  pays à partir de l'année scolaire 2018-2019, avec, a-t-elle précisé, le  renforcement dans les wilayas qui dispensent déjà cet enseignement. Réaffirmant qu'il s'agit d'assurer à cet enseignement "la dimension  nationale qui lui sied", Mme Benghabrit a rassuré qu"il n'y a pas de  problème" de postes budgétaires pour Tamazight. "En dépit de de la conjoncture particulière que vit le pays, plus de 300  postes budgétaires ont été accordés au ministère de l'Education nationale  dans le cadre de la rentrée 2018-2019", a indiqué la ministre, soulignant  que Tamazight a besoin "surtout de ressources humaines formées, dotées de  compétences et d'un professionnalisme à même d'assurer à cette langue la  pérennité voulue". Faisant le bilan de l'enseignement de Tamazight de1996 à 2018, elle a  indiqué que le nombre d'élèves a été multiplié par 10, alors que le nombre  des enseignants qui les encadrent a été multiplié par 12.  Elle a rappelé qu'en 1996, des classes ont été ouvertes en 9ème année  fondamentale et en 3ème année secondaire avec un effectif de 37.700 élèves  encadrés par 233 enseignants, soulignant qu'aujourd'hui, 343.656 élèves  suivent cet enseignement dans les trois cycles, encadrés par 2.772  enseignants.